Pourquoi l’axolotl est-il un animal vraiment cool ?

Ne cherchez plus, la réponse vous est donnée !

Axolotl
Connaissez-vous l’axolotl, cette adorable petite salamandre mexicaine aquatique ? Il est vrai qu’on n’en croise pas à tous les coins de rues, même si depuis quelques années les aquariums se mettent à l’héberger. Mais l’axolotl n’est pas uniquement agréable à regarder nager, non. C’est avant tout un animal terriblement fort dans son genre ! A côté, Flash fait figure de pâle imitation bas de gamme. Croyez-moi, ce que vous allez découvrir aujourd’hui en lisant cet article va révolutionner votre façon de considérer les lézards et leurs parents. Pourquoi se contenter de faire repousser sa queue quand on peut carrément avoir des yeux neufs ou un nouvel estomac pour le même prix ?

 

  • C’est mignon un axolotl, on dirait un jouet de barbie !

C’est indéniable, l’axolotl possède un charme qui fera chavirer les cœurs romantiques. La preuve, je viens de récolter un nouveau « oh, c’est trop mignon ! » à la seule vue de la photo ci-dessus. Et en plus c’est tout rose, oh-la-la, c’est carrément plus sympa qu’une licorne tout ça. Bon, en vérité l’axolotl peut avoir une autre couleur, du blanc jusqu’au doré en passant par le noir. Il s’agit d’un amphibien appartenant à la famille des Urodèles, comme les tritons et les salamandres en général. A la différence des grenouilles qui appartiennent à la famille des Anoures, les Urodèles ont la particularité de posséder une queue même à l’âge adulte. L’axolotl n’est donc pas un poisson, mais bel et bien une salamandre pouvant mesurer jusqu’à 30 centimètres !

Ce petit animal vit dans l’eau douce et est originaire du Mexique. Malheureusement, c’est aussi une espèce en voie de disparition. On n’en trouve donc quasiment plus à l’état sauvage mais grande chance pour nous, les élevages d’axolotl ne manquent pas ! C’est effectivement la mode depuis un moment d’en avoir un à la maison, il faut dire que ça change du poisson rouge de la kermesse, hein !

Contrairement aux autres membres de sa famille, l’axolotl passe toute sa vie dans l’eau. Il possède quatre petites pattes lui permettant de se déplacer, ce qui est quand même super pratique quand on a besoin de vagabonder dans un aquarium. Mais ce qui rend l’axolotl aussi sympathique, c’est surtout sa bonne tête amicale ; personne ne se méfierait d’un animal aussi trognon, et regardez-moi ces branchies colorées, un peu !

Mais ce qu’il y a de carrément excitant dans tout cela (on se comprend, n’est-ce pas ?), c’est que l’axolotl est… Une larve. Oui, vous m’avez bien lue. Il passe sa vie au stade larvaire et contrairement aux autres animaux, il se reproduit aussi à ce stade ; c’est ce que l’on appelle la « néoténie ». Vous imaginez, si les chenilles ou les larves de moustique devaient se reproduire avant même d’avoir appris à voler ? Notre vie serait un enfer, exactement. L’axolotl se métamorphose rarement en adulte de façon spontanée. Mais lorsque cela arrive, il devient à son tour terrestre et ressemble à une salamandre presque quelconque. C’est quand même bien plus mignon sous l’eau, non ?

  • Et à part ça, pourquoi c’est cool ?

J’y arrive, j’y arrive. Sachons garder les choses croustillantes pour la fin, ça fait un peu de suspense. J’imagine que vous avez déjà vu un lézard sans queue ou avec un petit bout de celle-ci. Ou bien, pire, que vous avez sciemment participé à la perte de la queue d’un pauvre lézard effrayé (faites attention, la cruauté envers les animaux est l’une des conditions qui compose la triade de sociopathie). Bref, vous savez dans tous les cas que cette queue va repousser. Imaginez maintenant ce concept étendu à tout l’organisme et cela vous donnera un axolotl ! Ce petit animal possède en effet d’impressionnantes capacités de régénération ; amputation ou simple blessure, rien ne lui résiste. Il peut remettre en état de fonctionnement ses membres mais aussi ses organes, depuis l’œil jusqu’au cerveau ! Tout cela lui permet de vivre jusqu’à l’âge de 25 ans, ce qui est quand même franchement pas mal pour un animal de ce genre.

L’axolotl ne peut pas avoir de cicatrice parce que chez lui tout repousse. C’est d’ailleurs ce qui en fait (aussi) un animal modèle pour l’étude de la régénération cellulaire en laboratoire. Vous imaginez, si l’être humain pouvait faire repousser son bras cassé ou amputé ? Ce serait la fin du « pas de bras, pas de chocolat » ! Ce processus de régénération se retrouve aussi chez le têtard ou le poisson zèbre. Et que dire d’autres animaux, capables de créer de nouveaux individus entiers à partir de leurs propres cellules, comme des extensions d’eux-mêmes ? C’est le cas de l’étoile de mer ou de l’hydre, par exemple. Ce phénomène dit « morpholaxisme » fascine et il y a de quoi. Mais bon, l’axolotl reste quand même le plus cool. Je vous ai déjà dit à quel point il est mignon ?

  • On sait comment ça marche, ce super-pouvoir ?

Disons plutôt que l’on commence à en avoir une petite idée. Une équipe de chercher canadiens s’est pensée sur le sujet et a fini par tout comprendre. Notons quand même que l’axolotl peut survivre à tout ce qui vous tuerait : rupture de la moelle épinière (elle repousse !), amputation de la mâchoire ou des quatre membres… Et ce processus peut s’effectuer jusqu’à cent fois sur le même organe en toute facilité ! Mieux encore, l’axolotl résiste mille fois mieux au cancer que les mammifères. Avec tout ça, il est facile de comprendre pourquoi cet animal a tant intrigué les chercheurs qui y ont consacré quelques années, quand même.

Deux gènes s’avèrent à l’origine de cette régénération formidable, le TGF ß1 et p53. Le TGF ß1 est en quelque sorte le guide de la voie de régénération, un peu comme la personne qui agite le drapeau pour que vous évitiez de vous perdre quand vous visitez un musée. p53, quant à lui, est le gène qui est le plus souvent altéré dans les cancers. Sans l’un ou l’autre de ces gènes, l’axolotl ne reconstitue pas ses pattes, sa peau ou ses organes. Évidemment, il en reste encore beaucoup à apprendre ! Ces gènes sont aussi présents chez l’homme, mais le TGF ß1 est bien plus limité chez nous que chez l’axolotl. Autrement dit, ce n’est pas demain la veille que vous pourrez jouer à Elastic Man.

Ceci dit, nous sommes aussi capables de régénération. Pensez un peu à votre peau, apte à se reformer sans la moindre trace lorsqu’il s’agit d’une blessure superficielle ! Évidemment, cela ne fonctionne que si les couches les plus profondes de la peau ne sont pas endommagées, mais quand même. Et puis que dire du foie ? Coupez-le pour n’en garder que 25% et vous aurez un foie tout neuf quelques mois plus tard. Toutefois, contrairement à ce que l’on pense, le foie ne se régénère pas vraiment. Ce qui a disparu ne va pas revenir, non ; c’est ce qui reste qui va grandir pour compenser la perte. Il n’empêche que c’est un mécanisme follement puissant et bien utile lors des greffes.


Étudier l’axolotl éveille une part de folie des grandeurs. Ce mécanisme dingue pourrait-il être transposé à l’homme ? C’est en tout cas ce que pensent les chercheurs de cette équipe scientifique, bien qu’il ne faille pas s’attendre à un miracle. Dans les prochaines décennies, on pourrait s’attendre à voir les grands brûlés entièrement guéris par régénération de leurs tissus. On pourrait aussi mieux comprendre les rejets de greffe ou le cancer. Les perspectives sont en tout cas nombreuses !

Pour conclure, j’ai bien envie de dire que nous sommes un peu des axolotl aussi. Des larves d’axolotl, en terme de pouvoir régénératif. Si vous souhaitez en savoir plus sur les travaux de cette équipe, je vous invite à lire leurs deux articles (ici et ) !

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