Pourquoi l’humeur varie-t-elle autant lorsqu’on a ses règles ?

Rire, colère, impulsivité, larmes intempestives... Le corps s'amuse !

Avoir ses règles
La tension se lit dans son regard. Vous savez que si vous osez la contredire, elle va s’enflammer et vous le faire regretter. Vous regardez votre calendrier… Allez, encore cinq jours à la supporter avant que sa furie ne s’apaise ! Et puis quand elle ne crie pas, elle pleure. Elle boude. Elle dort. Ses humeurs oscillent dangereusement et franchement, c’est un peu flippant ! Mais voyez-vous, messieurs, vous n’êtes pas les seuls à en pâtir. Les femmes sont les premières à souffrir de leurs règles, et pas uniquement sur un plan physique ! Il est tant de mettre fin à ce tabou et d’expliquer pourquoi elles sont ingérables lorsqu’elles sont en zone rouge. Après ça, vous ne pourrez plus faire semblant de l’ignorer !

 

  • On pourrait éviter de généraliser, siouplait ?

Complètement ! Ce n’est pas parce que votre compagne est pénible quelques jours par mois que toutes les femmes vivent la chose de la même façon. Certaines sont beaucoup moins sensibles au jeu des hormones, d’autres en pâtissent encore plus. D’autant plus que de nos jours, il n’y a pas que cela à prendre en compte. L’utilisation d’un contraceptif comme la pilule ou l’implant a un impact sur le cycle naturel de la femme. En d’autres termes, cela peut tout-à-fait réduire à néant les « symptômes » de la période menstruelle… Ou les exacerber (cheers) !

D’ailleurs, sachez que les femmes ne souffrent pas que durant leurs règles. Environ 40% d’entre elles souffrent d’un SPM (syndrome pré-menstruel) : ballonnements, gonflements, douleurs dans les jambes et la poitrine, prise de poids… Tout ceci étant accompagné de sautes d’humeur et d’idées noires. Cela peut être un véritable handicap ! La période de trouble qui précède les règles est souvent pire que les règles elles-mêmes. Un peu de compassion, allons donc !

Que de joies et de réjouissances, n’est-ce pas ! Je sens votre jalousie à travers mon écran. Mais tout cela, vous ne le voyez pas forcément et puis les femmes n’en parlent pas toujours.

  • On peut revenir sur ce truc de syndrome, là ?

Irritabilité, fatigue, troubles alimentaires, dépression, nausées, migraines… Voilà un bon petit cocktail mensuel qui donne très envie de faire des enfants. Qu’il ne s’agisse que de symptômes ou d’un SPM avéré, ces conséquences du cycle féminin sont lourdes pour tout le monde, proches et femme concernée. Le SPM survient de 1 à 2 semaines avant les règles et se reproduit pendant plusieurs cycles consécutifs. C’est loin d’être agréable et heureusement, cela est enfin reconnu comme étant un vrai syndrome et non un caprice (citons Séverin Icard qui, en 1932, qualifiait cela de « psychose menstruelle », troubles de l’humeur pouvant amener des conduites criminelles comme la cleptomanie ou la pyromanie !)

Mais avant de vous faire un exposé dirty & bloody sur ce que sont exactement les règles, je tiens à partager avec vous d’effroyables statistiques. En 2001, une étude a été menée par le Women’s Nutritional Advisory Service sur 400 femmes souffrant d’un SPM. Tenez-vous bien, il y a de quoi avoir le cafard.

57 % d’entre elles avaient déjà eu des idées suicidaires
97 % avaient une humeur instable
94 % se sentaient anxieuses
84 % se disaient violentes et agressives

Au secours, vraiment ! Il est tout de même important de ne pas considérer le SPM à la légère, cela demande un vrai diagnostic. Mais bon, quand on en voit les conséquences, on se dit que les femmes n’ont clairement pas envie non plus de vivre ça. Si elles sont pénibles, croyez-moi, cela n’est pas par plaisir et elles en sont les premières torturées. Ce n’est pas facile à gérer quand on se met à chialer pour rien ou qu’on a envie de tabasser quelqu’un sans raison !

Si le SPM prend généralement fin à l’arrivée des règles, la guerre n’est pas complètement terminée. De nouvelles aventures pénibles attendent ces dames… Mais heureusement qu’elles peuvent compter sur votre douce compréhension, hein ? Hein ?

  • Que sont les règles, exactement ?

Vous visualisez la publicité dans laquelle Mère Nature débarque avec son petit paquet rose ? Eh bien, c’est un peu ça. Sauf que les femmes sont rarement souriantes à ce moment-là (avouons quand même que les règles restent une preuve de bonne santé, la machinerie est en route et cela est rassurant). J’aimerai bien faire une explication digne d’un film d’horreur, mais afin de ne pas froisser les âmes sensibles nous allons nous en tenir à cette définition : les règles, aussi appelées flux menstruel, sont un écoulement périodique provenant de l’utérus. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas « juste » d’une perte de sang. L’utérus est recouvert d’une muqueuse qui fait office de papier peint de chambre d’enfant. Sauf qu’en absence d’enfant, chaque mois, la salle est redécorée… Alors il faut retirer le papier-peint pour en mettre un nouveau. Ça fait mal et ça saigne !

Si vous n’avez pas encore mangé, je vous conseille de faire une pause dans votre lecture et de revenir plus tard. Saviez-vous qu’une femme perd entre 5 et 25 millilitres de sang à chaque flux menstruel ? Maintenant oui. C’est tout de même très variable selon les femmes et cette période peut durer de 2 à 7 jours en moyenne. Et du coup, vous en subissez indirectement les conséquences… Quand on aime, on partage tout !

En plus des douleurs physiques liées aux règles, celles-ci peuvent s’accompagner de variations d’humeur proches de celle d’un SPM ou de symptômes pré-menstruels. Des modifications comportementales sont également envisageables : absence ou augmentation de libido, volonté de mettre un frein à la vie sociale, dissimulation du corps derrière des fringues amples et confortables… Bien que les contraceptifs tendent à soulager les symptômes et à raccourcir la durée des règles, cela n’en reste pas moins un sale moment à passer.

  • Bon, et comment on peut y remédier ?

En se couchant en PLS pour pleurer dans le noir. Plus sérieusement, cela dépend vraiment beaucoup des femmes. Bien que l’on soit en 2017, parler des règles est encore un tabou de la société. L’étymologie même du mot tabou serait « tapoua » qui signifie « règles » en polynésien ! Cela étant dit, vous savez maintenant plus ou moins ce que les femmes vivent. Vous pouvez multiplier ces données par mille et vous approcher relativement près de l’Enfer mensuel. Sachez, messieurs, qu’être gentil et aux petits soins facilitera la vie de tout le monde. Ne cherchez pas la petite bête, évitez les sujets de provocation (Comment ça, madame est mal habillée ? Et puis pourquoi vous parlez de votre ex là maintenant ?) et attendez que ça passe.

Comme je le disais plus haut, toutes les femmes ne sont pas non plus invivables… Mais il faut savoir traverser cette épreuve main dans la main, cela fait partie de la vie de couple. Il n’y a pas de solution magique, si ce n’est un bon Doliprane et un peu d’homéopathie. Les boissons excitantes comme le thé et le café sont à éviter histoire de ne pas en rajouter dans le domaine de l’irritabilité. Dans le cas d’un SPM, une complémentation en omégas 3 pourrait aider à atténuer les symptômes. Privilégier les aliments riches en fer semble aussi être de bon ton, surtout si l’on réalise que la perte de sang durant cette période peut entraîner de légères anémies.

  • Quel est le rapport avec les hormones ?

Vous l’aurez compris (enfin je l’espère !), ce n’est pas de tout repos du côté féminin. Il n’est pas rare de s’entendre dire que tout cela est à cause des hormones (progestérone, testostérone et œstrogènes étant responsables du cycle menstruel). En l’an 2000, une étude a tout de même mis en évidence l’impact de la concentration en œstrogènes sur le cerveau féminin. Cette hormone pourrait augmenter jusqu’à 25% la création de connexions entre neurones (synapses) au niveau d’une zone précise du cerveau, l’hippocampe ! La quantité d’œstrogènes semble aussi liée au comportement impulsif des femmes ; plus il y en a, plus elles sont raisonnables et donc moins impulsives… Le hic, c’est qu’au début des règles le taux d’œstrogènes est fichtrement bas, ce qui peut expliquer l’irascibilité !

Durant les règles, la progestérone fait profil bas. Les œstrogènes augmentent et la testostérone aussi… Ce qui peut conduire à une augmentation de la libido chez certaines femmes. Mais bon, quand on souffre aussi de crampes abdominales et de nausées, il n’est pas toujours évident de tout concilier ! Il a d’ailleurs été montré que les douleurs physiques durant les menstruations entraînent une diminution des performances cognitives. Autrement dit, les femmes en proie à la douleur menstruelle auraient davantage de difficultés à se concentrer et à accomplir leurs tâches habituelles !


En résumé, si vous doutiez de la souffrance d’une femme durant sa zone rouge, cela n’est plus permis. Évidemment, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, mais il n’empêche que les règles restent un moment désagréable à vivre. Soyez gentils, messieurs : remplissez le congélateur de crème glacée et préparez-vous à essuyer les larmes de votre moitié. Elle ne vous en aimera que davantage !

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1 commentaire
  1. Légoranille dit

    Merci pour ce sujet très souvent méconnu ou simplement ignoré des Messieurs; maintenant il ne leur est plus permis de dire qu’il ignorent pourquoi nous souffrons !

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