Les licornes ont bel et bien existé… Mais pas comme vous les imaginiez !

(pourtant, c'est super classe un poney cornu)

Fillette et sa licorne
Parce qu’elles alimentent les rêves et les histoires de princesses, les licornes sont au cœur d’un phénomène de mode de plus en plus prononcé. Je ne le cache pas, j’y suis moi-même un peu accro ! C’est tout mignon une licorne, c’est pur et ça inspire la confiance. Le problème, c’est un peu l’image qu’on en a : un cheval blanc aux crins d’or (ou multicolores, au choix) armé d’une somptueuse corne torsadée… Ah, quel beau mythe ! Mais ne vous-êtes vous jamais demandé comment est née cette légende de licorne ? Et d’ailleurs, est-ce simplement une légende ? Eh bien non ! Les licornes ont bel et bien existé, les amis. C’est juste qu’elles n’avaient pas (du tout) l’apparence qu’on leur prête !

 

  • d’où sort l’histoire abracadabrante des licornes ?

En voilà une bonne question ! Il faut dire que cet animal fabuleux hante l’imaginaire des hommes depuis un sacré moment. Les premières évocations de la licorne apparaissent à la fin de l’Antiquité et rencontrent un succès fou grâce à de multiples artistes. Son origine n’est pas très claire mais une théorie s’accorde à dire qu’elle est issue du chamanisme oriental. C’est au Moyen-Âge que sa forme est finalement fixée : la licorne est représentée comme une sorte d’hybride entre un cheval et une chèvre. La bestiole est blanche, possède un corps équin et un bouc accompagné de sabots fendus typiquement ovin. On raconte alors que seules les jeunes filles vierges peuvent s’en approcher… Olalala, que de beauté et de mystère là-dedans !

Les licornes suscitent admiration et vénération jusqu’à la Renaissance. On leur prête tout un tas de dons : lorsqu’elle effleure de l’eau, leur corne d’or neutralise toute pollution et tout poison. Les licornes rendent leur pureté à n’importe quoi et tiennent le mal à distance. Elles vomissent des arc-en-ciel et font caca des paillettes. De nos jours, il est même possible d’acheter de la liqueur de larmes de licorne ! Autant dire que le mythe est loin d’avoir pris fin et que la société de consommation s’en frotte les mains.

Ce qui est quand même très fort dans tout cela, c’est que personne n’en a jamais vu alors qu’on est tous d’accord sur leur aspect. Les différentes mythologies s’accordent à dire que cet animal légendaire ne serait apparu qu’en de très rares occasions. Par exemple, Adam aurait rencontré une licorne dans le jardin d’Eden. Pour les chinois, les licornes sont des messagers divins qui n’interviennent que pour délivrer des mission sacrées. En d’autres termes, nous sommes d’inconstatables fans de créatures dont personne n’a pu confirmer l’existence… Et encore moins l’apparence !

  • Attendez, on nous aurait menti ?

En ce funeste jour, je suis investie de la terrible mission de briser vos rêves d’enfant. Si vous êtes certains de vouloir continuer votre lecture, c’est à vos risques et périls. Mais la vérité se doit d’être faite ! En réalité, les scientifiques (et surtout les paléontologues) connaissent depuis le XIXème siècle l’ancienne existence d’un animal qui s’apparente beaucoup à la licorne. C’est cependant en mars 2016 que la nouvelle ébranle le doux monde des rêveurs. Un fragment de crâne, découvert en Sibérie, est attribué à une licorne… Mais v’la la tête de la bête !

De sa charmante appellation, l’Elasmotherium sibiricum ne laisse pas deviner grand chose. Si ce n’est qu’il s’agit d’un genre de rhinocéros préhistorique dont le crâne était surmonté d’une longue corne ! C’est à ce moment-là que les scientifiques ont réalisé quelque chose de nouveau. La datation de ce fossile leur a permis de conclure que cet animal aurait disparu il y a environ 29 000 ans, et non 350 000 ans comme cela était alors pensé… Ce qui signifie que la licorne de Sibérie, comme on l’appelle, aurait pu vivre aux côtés des hommes ! Le fossile a en effet été découvert à l’est du Kazakhstan dans la région actuelle du Pavlodar. L’animal aurait pu migrer vers le Sud de la Sibérie afin d’échapper à la glaciation et y croiser le chemin de populations humaines. Dingue, non ?

Évidemment, il n’y a aucune preuve à ce jour qui permette de faire un lien entre le mythe de la licorne et l’existence d’Elasmotherium sibiricum. Mais il est possible d’imaginer que la vision d’une telle bestiole ait enflammé l’imagination des hommes de l’époque et qu’avec le temps, le rhinocéros se soit transformé en cheval. C’est quand même bien plus vendeur comme concept !

  • Donc vous êtes en train de me dire que la licorne est un vieux rhino ?

C’est un peu l’idée, oui. Mais bon, comme je le disais ci-dessus, il n’est pas encore possible de dire si oui ou non la folie licornesque et pailletée nous vient de cet animal préhistorique. Notons quand même que d’après les chercheurs, Elasmotherium sibiricum serait un animal mesurant au moins deux mètres de haut pour plus de quatre mètres de long… Pouvant peser jusqu’à cinq tonnes, la longueur de sa corne serait de plusieurs mètres pour environ un mètre de diamètre. Rien à voir avec un duveteux poney féérique ! Là, clairement, on aurait plutôt envie de s’enfuir en hurlant que de grimper sur son dos pour le papouiller.

Mais même si les licornes telles qu’on les imagine aujourd’hui n’ont jamais prouvé leur existence (et qu’on n’a vraiment pas envie de les imaginer en rhinocéros), il est possible de se consoler autrement. Pensez donc aux narvals, aussi appelés licornes des mers ! Saviez-vous que leur corne torsadée peut mesurer jusqu’à trois mètres de long ? Bon, je vais encore casser le délire mais leur corne n’en est pas une. Il s’agit en fait d’une… Dent. C’est le prolongement d’une canine que tous les mâles de l’espèce possèdent et qui peut être présent chez 15% des femelles.

Le narval est quand même un animal magnifique, on ne peut pas le nier ! Serait-il à l’origine du mythe de la licorne, lui aussi ? C’est ce qui était pensé jusqu’au XVIIIème siècle. Mais en raison de la rareté du narval et à son habitat très spécifique, il est finalement peu probable que les hommes s’en soient inspirés pour imaginer un cheval blanc au cœur pur…


Finalement, on se dit qu’il est quand même vachement plus chouette de rester ignorant de certaines découvertes scientifiques. Même si cela ne vas pas vous empêcher de dormir, vous pourrez vous délecter du plaisir d’anéantir les rêveries des gamins en leur parlant de la véritable licorne de Sibérie. J’accompagne cet article d’un selfie de la bestiole (enfin, de ce qu’on en sait) histoire que vous puissiez réaliser l’étendue du mensonge qui nous environne. Pour oublier, vous pouvez toujours tenter une expédition à Bangkok dans le rutilant Bar à Licorne… N’hésitez pas non plus à ruiner leurs rêves, tout comme je viens de le faire avec vous. Paix et amour.

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